Plusieurs écrits ces dernières années sur le ‘’bon vouloir’’ de notre cheval vs l’obéissance. Paulette Clark de Ribbleton en Australie le résume bien.
Photo : Un cheval qui se sent en sécurité et bien compris offrira beaucoup plus que celui qui est contrôlé.
Collaboration
Nous recherchons la collaboration de notre partenaire équin qui est motivé et veut faire équipe avec nous. Il ne faut pas oublier que la marge est mince entre CONFORMITÉ (, OBÉISSANCE et BON VOULOIR. Plusieurs horsepersons nous rappellent que parfois obéissance ce n’est pas de la connexion avec son humain mais de la conformité.
Photo :La domination ne crée pas l'envie de collaborer. Elle ne produit qu'une conformité qui en donne l'illusion.
Léa Lansade, Chris Adderson tout comme Lyne et plusieurs autres nous rappellent que notre cheval peut nous ‘’LIRE’’ de façon tout à fait surprenante.
Ce ne sont pas que nos mains et nos jambes mais notre respiration, notre tonus musculaire, notre système nerveux voire notre intention qu’il ressent fort bien.
Le cheval comprend mieux nos désirs et nos émotions que ce que lui transmet notre figure souvent sous un masque.
Si notre intention en est une de LÉGERETÉ et de DOUCEUR mais que notre corps dicte une autre information telle une hésitation ou une crainte, le cheval le ressent et hésite lui aussi.
L’expression MON CHEVAL, MON MIROIR exprime bien ce fait.
Carson James nous rappelle que nous ne pouvons pas faire apprendre au cheval mais devons le laisser apprendre. Il dit que souvent nous ‘’micro-contrôllons’’ chaque pas, chaque mouvement. Il nous rappelle que le cheval doit rechercher la réponse et nous devons créer l’environnement afin que le cheval cherche la bonne réponse. Et il dit que c’est un moment précieux quand la lumière s’allume. Le cheval a compris et il dit que lorsque le cheval a passé par ce processus, l’apprentissage est plus solide et le cheval s’en rappellera.
Dr Stephen Peters, éminent neuroscientiste et chercheur sur le cerveau nous le dit fort bien que le mieux que l’on puisse faire pour susciter la motivation chez notre cheval c’est de rendre le succès plus facile. Le cerveau se rappelle fort bien quand l’effort a été récompensé par le succès.
Plusieurs horsepersons parlent de lumières verte, orange ou rouge, une analogie qui décrit bien ce qui se passe entre les deux oreilles de mon cheval. Un cheval qui dit ‘’OUI, NON ou PEUT-ÊTRE.

Lyne l’exprime fort bien dans ce texte.
Les articles‘’ Le BON VOULOIR: un cheval qui dit ‘’oui’’ de la série PARTENARIAT et ‘’Soyons ambassadeurs du ‘’oui’’ avec notre cheval’’ de la série RESPONSABILISER SON CHEVAL développent ce concept. On y fait le lien entre la cession de la pression et le développement mental du cheval car il ne faut pas oublier que lorsque le cheval cède à une demande c’est le cerveau qui dicte au corps l’action à prendre. Je m’adresse souvent entre les deux oreilles de mon cheval soit au mental et pas uniquement à son corps car c’est son cerveau qui lui dictera la conduite à suivre. Je dis souvent à mes copines ‘’ le cerveau à Indy est beaucoup plus puissant que mes deux mains pour contrôler ses pieds’’ quand on est dans une situation inquiétante.
J’ai beaucoup travaillé le développement de sa confiance et ça a porté fruit dans une multitude de circonstances lors de nos 225 sorties à une cinquantaine d’endroits différents dont 54 parades. Quand en parades il y a parfois 30,000 spectateurs et une foule de stimuli ma jument doit vouloir participer et ne pas être contrôlée par les rênes pour bien se comporter. Elle est souvent le seul cheval monté; elle doit donc être confiante, calme et intéressée. Elle apprécie grandement être admirée et en est TRES consciente. C’est une motivation intrinsèque.
Tellement que lorsque les parades sont courtes dans des petits villages, Indy me dit ‘’Non’’, en se brassant la tête de droite à gauche quand elle voit la remorque puis elle monte. Sa façon de me dire que la parade ou la sortie a été trop courte. Et encore plus drôle, il lui est arrivé de refuser la friandise une fois montée dans la remorque : elle se serre le bec; parfois elle cède à la tentation et parfois non. Certes que pendant ces sorties elle est fort motivée.
Photo : En route pour prendre sa place dans la parade de la St Patrick. Elle est le seul cheval monté; elle est confiante. Un bel exemple de ‘’bon vouloir.’’ Indy a les oreilles vers l’arrière car un char allégorique avec une fanfare très bruyante arrivait derrière nous. Ce ne sont pas des oreilles dans le crin.
Photo : Première fois dans la grotte à Horseland : musique de Halloween, fantômes qui bougent et de multiples monstres. Indy regarde sans être inquiète. J’ai même les mains sur les cuisses (sans y avoir pensé mais j’étais confiante en elle et détendue) et non sur les rênes ce qui lui dit que j’ai confiance en son bon jugement et son BON VOULOIR.
Maintenant si on parle de ce qui motive notre cheval on nous encourage à rendre les choses intéressantes car notre relation avec eux est souvent axée sur le TRAVAIL… DES DEMANDES, APRÈS DEMANDES et encore des demandes. On doit développer l’esprit du jeu avec des exercices variés de sorte que le cheval ait le goût de travailler avec nous. Les articles ‘’LA NÉOPHOBIE soit la PEUR du NOUVEAU et du CHANGEMENT de même que ‘’LA CLAUSTROPHOBIE’’ de la série BÂTIR LA CONFIANCE illustrent une foule d’exemples où l’on put stimuler et intéresser notre cheval.
Certes que ça nous porte à réfléchir sur ce qui détermine leur relation avec nous. Ma première clinique de Horsemanship fut avec Poney, le fjord norvégien de ma propriétaire d’écurie. Poney avait un réflexe d’opposition très marqué et il était rendu incontrôlable. S’il avait peur en randonnée, il ramenait les cavalières au galop jusqu’à la porte de son paddock tout comme il les sortait du manège si la grande porte était ouverte.
La propriétaire de l’écurie aimait ce que je faisais avec mon cheval Baïart et m’a confié la réhabilitation de Poney. Je n’étais certes pas à la hauteur mais j’avais le temps, les moyens et surtout la motivation de m’expatrier pour apprendre. Un des premiers horsemen rencontré il y a 18 ans fut feu Larry Stewart, instructeur Parelli 5* un horseman qui avait travaillé avec plus de 10,000 chevaux. Un 4 jours où je fus totalement bouleversée, transformée et qui m’a ouvert l’esprit afin que je perçoive et agisse totalement différemment de ce que je n’avais pas appris les 20 années précédentes.
✅ PENSEZ TOUJOURS À CE QU’IL Y A POUR VOTRE CHEVAL QUAND VOUS ÊTES AVEC LUI/ELLE!!!!!!
✅ MON CHEVAL ÉTAIT OK DANS SON PÂTURAGE TANT QUE JE NE SUIS PAS MONTRÉ LA VISAGE!
OUF! Il m’a certes brassée au niveau des émotions et ça m’a conduit à des changements majeurs dans ma façon de faire.
J’ai réalisé que c’était à nous à changer et non à Poney. Rose-Alie St-Hilaire d’Équitation simplifiée au Québec l’a bien dit.
En effet ça nous amène à penser à ce qui motive notre cheval lorsque nous sommes ensemble. Désire-t-il vraiment être avec nous ou s’y sent-il obligé? Et surtout comprend-il vraiment notre demande.
Photo : Chaque fois que vous blâmez votre cheval de ne pas comprendre, vous êtes à vous confesser de ne pas avoir appris comment lui parler dans un langage autre que verbal.
Les chevaux, n’oublions pas, communiquent par le langage non verbal alors que nous humains parlons. Niky Robert de Blackjack horsemanship au Québec nous rappelle souvent qu’autant cheval qu’humain doivent être bilingues dans ce partenariat. Certes que j’ai mieux compris ça avec Freya et Thor les fjords sauvages adoptés par la propriétaire de l’écurie. On les a apprivoisés et mis au paddock avec ma jument Indy. Ils m’ont fait pratiquer des concepts que j’avais appris mais pas trop pratiqués. Avec eux le langage non verbal est puissant et très efficace même à distance.
Comme nous rappelle Andrea Wady de G-B dans son cours sur la liberté pure, il y a la motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. L’article ‘’Liberté pure ‘’de la série APPROFONDIR NOTRE COMMUNICATION parle de ce concept.
Andrea appelle ça l’équation de la motivation entre notre cheval et soi. Elle compare la motivation à la monte d’une montagne et nous rappelle qu’il y a plus d’une route à prendre. Nous devons trouver la route qui nous convient le mieux afin de conserver notre énergie, de ne pas se blesser et d’avoir un certain plaisir ou du moins une certaine satisfaction.
Elle nous dit de même que l’on doit se demander pourquoi et comment notre cheval désire travailler avec nous. Elle nous rappelle que l’on se doit de se poser des questions et vouloir changer lorsqu’on s’aperçoit que notre cheval ne collabore pas bien. Il peut être confus, apeuré, résistant, désintéressé et nous nous devons de se questionner quand il y a un déséquilibre dans l’équation motivation.
Elle compare notre partenariat à un balancier. Lorsqu’il y a équilibre personne pousse ou tire, nous sommes en synchronisme et nous n’avons pas besoin de récompenses, de pression. IT JUST FLOWS.
Nous n’avons pas besoin de récompenses, de pression; tout coule doucement entre nous deux. La force dit-elle JAMAIS, la pression si le cheval ne comprend pas de même.
Nous nous devons de décortiquer la tâche de sorte que mon cheval comprenne. Tout comme il est très important de ne pas ignorer les peurs de notre cheval. C’est le ‘’fast track’’ pour la déconnexion selon Andrea.

Mais quand l’équilibre bascule, nous avons perdu notre synchronisme et nous devons retrouver cet équilibre. Certes pas par la force mais par le calme comme récompense. Quand on utilise la pression ça doit être doux et équitable.
Pour Andrea la
motivation = compréhension, confiance, dignité et plaisir!
Ah que c’est loin de l’école des demandes après demandes. Andrea nous conseille fortement de faire avec notre cheval et non au cheval. Un vrai partenariat pour elle ce n’est pas de toujours l’avoir bien mais c’est de naviguer les vagues ensembles. Parfois dit-elle le meilleur OUI ARRIVE APRÈS UN NON! Elle dit que l’on devrait
utiliser l’harmonie comme récompense
utiliser les traites et le toucher en pleine conscience (mindfully)
utiliser la pression uniquement si elle est douce, comprise par notre cheval et équitable.
Elle nous rappelle que TRES SOUVENT nous ne faisons pas pour le cheval nous faisons au cheval!
Le vrai partenariat pour Andrea ce n’est pas que le cheval le fasse correctement mais c’est de naviguer les vagues ensembles, même lorsque c’est désordonné.
Cette pensée de Paulette Clark de Ribbleton en Australie nous ramène à une réalité que nous sommes souvent portés à oublier.
Photo : On ne peut pas précipiter la confiance. Dès qu’on essaie on s’en éloigne.
Matière à réflexion!
Il nous faut aussi se demander si la motivation qui résulte du bien-être au niveau de la biomécanique du mouvement est plus significative pour le cheval qu’une motivation extrinsèque telle une friandise.
Ce que l’on recherche c’est un cheval qui vient à nous par motivation intrinsèque car il est intéressé à partager du temps avec nous, ça lui fait du bien. Il se sent en sécurité, se sent bien, compris et écouté. Il éprouve un certain plaisir même s’il travaille car le cheval se sent bien dans son corps au niveau biomécanique ce qui affecte son système nerveux qui interprète positivement cet état.
Il conserve son énergie et diminue l’effort car tout se fait selon les règles de l’art. Le cheval aime cet état confortable et tend à le répéter.
Photo : Andrea avec un de ses chevaux qui est venu à sa rencontre quand elle s’est présentée à son immense paddock. Ce cheval est venu de loin pour la rencontrer.
Photo : A cause du cheval j’ai enfin compris que ce n’est pas celui qui mène ou qui suit mais c’est la VOLONTÉ DE CHEMINER ENSEMBLES.
Le terme intrinsèque le dit ça provient de l’intérieur et non d’une source extérieure.
Et ce n’est pas parce que c’est l’heure de la bouffe.
Photo : Tout le monde peut amener le cheval à exécuter mais ça prend tout un savoir-faire pour l’amener à VOULOIR LE FAIRE!
Photo : Plus de temps on donne, plus notre cheval démontrera du BON VOULOIR. Plus on laissera à notre cheval le temps de penser, moins il réagira par la peur. Il constate, regarde puis considère, approche, s’arrête , pense plus il approchera calmement.
Calme et sécuritaire, pense ou peur puis panique.
Donnons du temps, donnons de l’espace, donnons la confiance.
Quand mon amie Wendy Charbonneau de LOVE OF THE HORSE FARM en Ontario se présente le matin le troupeau vient l’accueillir. Son âne brait très fort.
Tout comme Petra Christensen de GENUINE INTER-CONNECTIONS, HORSEWOMANSHIP aux USA qui démontre un troupeau qui vient par motivation intrinsèque et même joue en liberté avec Petra sans beaucoup d’effort de sa part. Un parfait exemple de motivation intrinsèque.
Quand Indy se présente à la porte de la clôture lorsqu’elle voit mes deux copines aller chercher leur cheval dans le paddock voisin, c’est une motivation intrinsèque. Elle veut venir car elle sait que nous irons en randonnée ce qu’elle apprécie beaucoup.

Tout comme les journées où je vais à l’écurie sans toutefois faire quelque chose avec Indy. Dernièrement de passage à l’écurie, en route pour être auditrice à une clinique j’ai mis du foin dans les filets, nettoyé le paddock, joué un peu avec les chevaux dans le paddock sans plus. Voilà qu’Indy se pointe à la porte de la clôture; elle veut faire quelque chose. C’est une motivation intrinsèque. Surtout qu’elle avait vu une copine partir seule pour une randonnée. Indy était prête à venir.
Et que dire quand elle voit mon ami Greg venir la chercher avec sa remorque, quand ça fait longtemps qu’il est venu elle trotte quasi pour se rendre à la remorque et y monter.
Aucune hésitation, elle veut se promener, trotteuse ma jument.
Niky Robert de Blackjack Horsemanship au Québec, nous dit qu’elle veut que la motivation de ses chevaux à échanger avec elle soit INTRINSÈQUE, ce qui veut dire que cela vient du plaisir que ses chevaux vivent à être et à bouger avec elle. Leur motivation est intérieure, c’est leur envie réelle. Imaginez que ton cheval te suit par pure envie et plaisir d’être à tes côtés! pas besoin d’avoir les poches pleines de bonbons pour avoir envie d’être avec toi! Ils doivent avoir confiance en nous et ne pas craindre la punition s’ils ne donnent pas la bonne réponse. Ils doivent nous trouver intéressante et se sentir en sécurité à nos côtés.
Ces photos démontrent bien une motivation intrinsèque. Les chevaux sont à la clôture et veulent venir quand ils me voient. Ce n’est pas moi qui leur donne leur grain avec les suppléments le matin donc ils ne se présentent pas à la clôture pour du grain ou du foin. Souvent assise sur le fjord j’en amène 2 en cheval de bât en randonnée avec une copine car je ne pars pas seule avec plusieurs chevaux. Ils adorent ça. Quand il y a 4 chevaux j’en amène qu’un en cheval de bât en randonnée car les autres ne resteront pas seuls au paddock sauf Indy.
Quand je vois ces photos je me dis toujours que les chevaux me demandent ‘’ C’est quoi au programme aujourd’hui? De ce troupeau de 5 chevaux il ne reste malheureusement qu’Indy.
Et que dire quand j’amenais les 4 brouter. Ils étaient bien contents de venir. C’est du temps pour eux car le gazon à l’extérieur du paddock est plus long et meilleur sans oublier que c’est aussi une séance de gratouilles.


Les fjords sauvages adoptés par la propriétaire de l’écurie vivent maintenant avec ma jument Indy, Quand ils me voient le matin ils se pointent à la clôture et ce n’est pour du foin, les sacs sont pleins. Ils aiment être avec moi maintenant qu’ils sont apprivoisés. Je les promène sur la propriété et je joue avec eux dans le paddock. Je leur ai montré que 2 mots en français : bonbon et école. Bonbon pour tout ce qui est à manger : pommes, nectarines, kiwis etc.. ils aiment tout. École voulant dire que je faire quelque chose avec eux. Ils comprennent très bien ces mots et sont très motivés à me suivre.
Laure Souqeut de Équiessentiel- De Femme à Cheval parle beaucoup de motivation intrinsèque dans ses écrits. Elle se pose toujours les questions ‘’Pourquoi ce cheval n’est pas intéressé à moi? Pourquoi ne veut-il pas échanger avec moi? Que pourrais-je modifier dans ma façon d’être, de l’approcher, d’échanger avec lui pour l’intéresser?
Certes que ça nous porte à réfléchir car Laure nous dit que souvent si le cheval ne démontre pas d’intérêt, on lui donne une friandise même avant qu’il accomplisse ce qui est demandé : c’est le soudoyer.
Une dame à mon écurie, que je connais depuis 25 ans, me disait récemment quand son cheval de 18 ans est en liberté dans le manège il ne vient pas à elle et si je me présente il vient à moi qu’Indy y soit ou non. Évidemment, ma relation avec lui est agréable car elle consiste qu’à le caresser quand on se rencontre. Je ne savais trop quoi lui répondre et il m’est venu cette idée et elle fut surtout très bien acceptée et la dame l’a même répété à d’autres copines.
‘’Si à chaque fois que je vais chez toi au lieu de prendre un café ou une bière on passe l’aspirateur, faisons la vaisselle ou le repassage eh bien la prochaine fois que tu m’inviteras je ne serai pas trop motivée à y aller et je trouverai facilement des excuses. Quand tu vas dans le manège, toujours les mêmes cercles un peu comme si tu allais au gym. Tu n’offres pas de variété : cercles, lignes droites et diagonales pendant plus de 14 ans. En plus pas de cônes ni de jouets ne serait-ce que le gros ballon, la toile pour y marcher. Seule différence : si tu vas au gym c’est toi qui décides d’y aller alors que ton cheval subit tes demandes, après demandes. Et si tu as un instructeur il te suggère des exercices et tu as le pouvoir de dire oui, non ou pas tout de suite, je ne suis pas bien préparée pour cet exercice etc…
Vu qu’elle m’a demandé j’ai répondu d’autant plus qu’elle aime ce que je fais avec Indy et les chevaux de la propriétaire. Je lui ai aussi rappelé qu’elle était souvent en retard pour ses cours quotidiens, qu’elle et son instructeur brossent le cheval à deux en jasant, s’obstinant. Même que dernièrement pendant qu’elle brossait son cheval avec l’instructeur non seulement elles parlaient toutes les deux, la dame écoutait un récit sur son téléphone. Une copine l’a réprimandée et lui a dit ‘’est-ce que c’est ça être avec ton cheval’? si non, penses à ce que tu dois changer.
Elle prépare maintenant son cheval seule dans le calme et il est même dans son rectangle imaginaire. L’article ‘’Le rectangle, votre cheval choisit l’arrêt’’ de la série PARTENARIAT explique bien cette technique.
Je lui ai rappelé la phrase de Larry Stewart, premier horseman rencontré il y a 18 ans, instructeur Parelli *, un horseman exceptionnel. Et oui, je sais, je la répète car pour moi elle est ESSENTIELLE dans notre partenariat.
N’oubliez JAMAIS de vous demander ‘’ qu’y a-t-il pour mon cheval?
Si je veux que mon cheval continue à faire ce qui me plaît je dois penser à ce que ça lui plaise aussi. Ainsi on est gagnant-gagnant. Le jeu du cavalier passager dans le manège et dehors est une excellente façon de voir la motivation du cheval. L’article ‘’Le jeu du cavalier passager et du cheval sentinelle’’ de la série RESPONSABILISER SON CHEVAL explique bien cette technique. Quand on sort dehors ce jeu nous donne beaucoup d’information quant au bon vouloir du cheval d’aller se promener.
Deux copines à l’écurie l’ont utilisé avec succès au montoir entre autres car leurs chevaux ne voulaient pas aller au montoir, ne restaient pas en place et même reculaient. Toutes deux ont réalisé que leur cheval n’avait pas de plaisir quand elles venaient au manège, seul endroit où leur cheval était monté. Elles ont changé leur stratégie et leur cheval collabore mieux. Quand elles viennent dans le manège, elles vont marcher un peu, prendre le temps de regarder ce qui se passe. Certaines fois, elles ne montent pas et retournent à l’écurie, D’autres fois elles amènent le cheval au montoir sans monter. Ça a complètement changé la vision de leur cheval par rapport au montoir et surtout à ce qu’elles font quand elles viennent dans le manège.
Dans le premier article sur le ‘’Partenariat bienveillant’’ j’explique en détail la technique utilisée par ces deux copines dont le cheval ne voulait pas aller au montoir.
Une motivation extrinsèque pousse le cheval à effectuer une action pour obtenir quelque chose soit obtenir une récompense ou parfois éviter l’inconfort causée par l’exercice et parfois même la douleur causée par la punition. Si nous utilisons la récompense alimentaire pour les motiver, ou si on utilise la punition lorsqu’ils ne font pas ce que je veux, cela vient d’une motivation EXTRINSÈQUE. Ils ne prennent pas action pour le plaisir et la paix que ça leur procure mais dans l’espoir d’obtenir une friandise, ou la peur d’être puni par la mauvaise utilisation des éperons ou de la cravache par exemple. C’est soudoyer notre cheval.
Pour une récompense alimentaire, le cheval peut nous suivre même si je nous ne sommes pas des meilleurs. Il tentera d’agir ou de répondre à nos demandes même si elles ne sont pas des plus claires afin d’avoir le bonbon convoité. Certes qu’on tente à ce que le cheval agisse par motivation intrinsèque car ce type de motivation est un excellent moteur.
Tu as déjà vu deux chevaux évoluer ensemble, il n’y a aucun concept de récompenses ou de punition à proprement parlé. Par contre, il y a énormément de clarté dans leurs échanges et un sentiment de sécurité. Comment faire donc pour se rapprocher de ce côté très naturel et sans artifices ?
Elle est là toute la recherche d'une relation équilibrée pour l'humain et son cheval car l’humain cherche constamment à faire mieux pour le bonheur et le confort de son cheval.
Ceci ne veut pas dire que l’on n’utilise pas des récompenses alimentaires mais pas pour soudoyer notre cheval. J’apporte souvent des fruits dans le paddock et leur donne des morceaux sans leur avoir demandé autre chose que de ne pas me pousser, de respecter mon espace. Les fjords sont très polis tout comme Indy.
Cette caricature de Mili Morin démontre bien deux différentes façons de motiver son cheval.