
La néophobie c’est la tendance qu’à le cheval de craindre ou ne pas apprécier tout ce qu’il y a de nouveau ce qui se traduit souvent par leur réticence, entre autres, aux changements de routine. C’est une peur intense, irraisonnée et souvent disproportionnée face à la situation ou l’événement.
Ça se manifeste par de la prudence, de l’hésitation parfois un refus ou un retrait et dans les pires situations de la PANIQUE.

Photos : Le cheval très inquiet qui se cache et ne démontre pas trop son inquiétude et l’autre qui le manifeste de façon claire : il déguerpit.
Le cheval est un animal naturellement néophobe, qui a une peur instinctive, n’est pas à l’aise même peut avoir une aversion avec la nouveauté. Et ça peut parfois être aussi subtil qu’une odeur différente de la moulée ou de la litière par exemple. Les poulains et jeunes chevaux sont plus curieux et souvent moins peureux face aux stimuli nouveaux. Ils ont plus tendance à explorer.
Les chevaux ont une horloge interne qui s’ajuste selon la lumière environnante de même que les routines de l’écurie telles les heures des repas, des sorties au paddock, des sorties avec le/la propriétaire ainsi que les routines du personnel. Ils sont très sensibles aux changements.
On parle de la
néophobie alimentaire.
néophobie de l’eau qui ne goûte pas pareil aux divers endroits où on va avec notre cheval.
néophobie d’objets inhabituels tels les bâches, parapluies, ballons.
néophobie pour les sabots. Les chevaux hésitent parfois à mettre les pieds sur une surface inconnue, inhabituelle ou d’apparence pas solide. Il ne faut pas oublier qu’ils ont besoin des 4 pieds SAINS pour déguerpir, ce sont des proies. Ils vont très souvent évaluer l’endroit ou l’objet en le tâtant du sabot avant d’y mettre pied et son poids.
néophobie d’avoir quelque chose en arrière d’eux que ça soit un cheval qui arrive par arrière en randonnée ou d’avoir des surprises en arrière. Il ne faut pas oublier qu’ils ont l’arrière-main loin des yeux.



néophobie d’objets nouveaux rencontrés lors de randonnées tels les ponts, ruisseaux et autres objets inhabituels tels des hélicoptères qui sillonnent la région. Nos pistes de randonnée côtoient la ligne électrique, les pistes de motoneige, de motocross et de vélos de montagne. Lorsqu’il pleut fort et que l’on doit traverser sous la ligne électrique pour rejoindre nos pistes, le bruit causé par la pluie est quasi infernal. Plusieurs chevaux sont inquiets.

néophobie des calèches, traîneaux tirés par des chevaux et aussi des chiens sans oublier les skieurs en ski joëring rencontrés lors de randonnées. Plusieurs chevaux ont de la difficulté à rencontrer et encore plus à avoir venir derrière eux une calèche ou un traîneau.

NB: Intéressant de constater que sur la deuxième photo avec le traîneau Indy a les oreilles pointées sur le côté car elle est entre deux traîneaux. Elle est donc celle qui a la responsabilité de surveiller les côtés.
sans oublier la néophobie des animaux sauvages tels renards, moufettes, chevreuils, même des orignaux.
J’ai rencontré 3 fois des ours lorsque j’étais en randonnée avec Indy. Évidemment pas de photos. La. dernière fois Indy s’est rappelée lorsque nous sommes passées l’année suivante à cet endroit de vacances. Pourtant nous avons couvert une quinzaine de kilomètres et plus pendant cette vacance. Elle s’est arrêtée et a regardé l’endroit. Elle s’en rappelait.
néophobie du feu. Les chevaux ont une peur instinctive du feu et de la fumée.

néophobie de l’eau. Ce n’est pas toujours de l’eau comme telle mais de ne pas voir le fond. S’ils nagent c’est OK sinon plusieurs chevaux craignent de traverser un ruisseau ou de marcher sur le bord d’une rivière ou un lac car ils ne savent pas comment est le fond.

néophobie des boîtes aux lettres. Intéressant d’entendre plusieurs personnes qui nous disent que leur cheval a très peur des boîtes aux lettres lors des promenades où il y a parfois des stimuli plus inquiétants
néophobie des bruits inconnus tels la neige qui glisse du toit du manège lors de la fonte au printemps ou du tracteur qui ramasse le fumier dehors alors qu’on est dans le manège.
néophobie des situations nouvelles.


phobie des transports est une des phobies les plus répandues chez le cheval car on ne peut pas ne pas s’en apercevoir puisque les signes sont tout à fait évidents quand un cheval refuse de monter dans la remorque.
toutefois on parle de néophobie lorsque c’est une nouvelle remorque, un nouveau transporteur ou un cheval inconnu dans la remorque et que le cheval hésite et même n’accepte pas d’y monter.

Les chevaux se sentent bien dans la prévisibilité.
Photo : Les chevaux apprécient particulièrement la routine et la prévisibilité. Faire ‘’fi’’ de ces éléments peut les rendre confus et mener à de la résistance de leur part.
Gabi Neurohr et Lyne Laforme nous rappellent souvent que les chevaux ADORENT la COHÉRENCE, L’HARMONIE, la STABILITÉ et la ROUTINE.
Ce qui est reconnu dans le milieu comme étant un des éléments le plus stressant pour un cheval est le changement de milieu de vie. Dr Shelley Appleton du site CALM, WILLING, CONFIDENT HORSES (chevaux calmes, confiants qui démontrent du bon vouloir) qui est docteur en comportement humain et équin décrit bien le stress causé par un déménagement chez le cheval qui en plus très souvent change de propriétaire ou d’entraîneur quand il est envoyé ailleurs pour un entraînement.
Puis vient l’hésitation à changer la routine. Il est reconnu que les chevaux carburent sur la routine et la prévisibilité autant dans la routine de leur vie quotidienne que dans leurs attentes face à la monte et aux diverses activités.
Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut pas leur faire vivre de changement. Mais la stabilité apportée par une vie au paddock avec des congénères permet certes de sortir de cet environnement. Indy, est réputée pour aimer les sorties. Je dis souvent ‘’ Indy est trotteuse, elle aime voir du nouveau’’. Elle est d’un calme fort surprenant dans des environnements pourtant très vivants tels des parades avec 30,000 spectateurs où elle est le seul cheval monté qui accompagne parfois une calèche qui transporte un notable. Parfois elle est le seul cheval.
Certes que son élevage à l’état sauvage pendant 4 ans dans une immense vallée de 12 km puis au ranch de 1,200 acres l’a habituée à s’adapter aux divers stimuli entre autres la présence des prédateurs. Pendant le mois où j’ai été au ranch j’ai vu des coyotes, des loups et des ours le jour alors on peut s’imaginer ce qui se passe pendant la nuit. A tous les matins un immense coyote s’essayait auprès du troupeau. Je n’ai pas eu la sagesse de prendre des photos. Ces chevaux ont appris à revenir sur l’endorphine dès que le danger est passé sinon ils seraient épuisés.
Photo : Photo prise après une attaque du troupeau par un coyote. Dès que le prédateur rebrousse chemin, les chevaux sont sur l’endorphine. Indy au centre. C’est au ranch que j’ai compris l’expression battre retraite car quand le prédateur se tourne de 180 degrés et quitte, ni la jument de tête ni le prédateur rebrousse chemin. C’EST FINI DANS TOUS LES SENS DU MOT.
Dans l’article ‘’Comment les patrons aident votre cheval’’ de la série BÂTIR LA CONFIANCE je parle de l’importance d’apporter une certaine variété dans la routine afin que le cheval soit plus connecté et qu’il se demande ‘’c’est quoi au programme aujourd’hui?’’ sans toutefois créer de l’incertitude voire de l’anxiété.
Je mentionne toutefois l’importance de ne pas trop changer chez un cheval qui a tendance à être inquiet et à changer un peu plus chez un cheval confiant qui apprécie la stimulation.
Léa Lansade dans son livre ’’Dans la tête du CHEVAL’’, nous parle de la néophobie. Elle nous rappelle que les jeunes chevaux explorent beaucoup plus ce qu’ils ne connaissent pas que les adultes. Leur néophobie est inférieure à celle des chevaux plus âgés et leur curiosité prend souvent le dessus sur leur émotivité.
Stacy Westfall des USA tout comme Andrea Wady de Grande-Bretagne parlent de lumière rouge ou verte en ce sens que le cheval donne son accord ou non face à nos demandes. Elles disent que lorsque le cheval fait face à quelque chose de nouveau que ça soit une nouvelle piste de randonnée, un nouveau manège, un nouvel obstacle notre cheval est souvent empreint d’inquiétude et ne donnera pas toujours son accord pour poursuivre. Stacy et Andréa nous rappellent que nous devons agir avec beaucoup de doigté quand notre cheval voit quelque chose de nouveau afin d’obtenir sa confiance et son accord puis sa participation.
Les chevaux ont parfois tendance à avoir de la difficulté avec le changement et nous devons y aller lentement pour apporter des modifications.
Photo: Peu importe comment lentement vous agissez, la lenteur convient fort bien aux chevaux.
Les chevaux vivent leur vie en évaluant constamment ce qui se passe autour d’eux. Ce sont des proies et leur système nerveux est constamment aux aguets. Quand il y a du nouveau, leurs muscles deviennent tendus, leur sommeil est souvent affecté. Ils deviennent hyper vigilants. Certains deviennent très calmes en apparence mais ils sont figés.
Dr Appleton nous rappelle que souvent nous changeons les compagnons, le paddock, les heures des sorties, des repas sans parler des changements de personnel. Les chevaux sont de nature inquiets lors d’un changement. Elle dit que les chevaux vivent les changements via leur système nerveux qui évalue constamment si il est en sécurité. Tout chez le cheval est ressenti que ça soit le sol qu’il foule avec ses sabots que l’environnement.
Changer l’ordre, l’heure des rituels habituels est source d’inquiétude pour plusieurs chevaux. Quand on tente de nourrir plus tard le soir afin qu’il y ait moins d’heures l’estomac vide il faut y aller graduellement car les chevaux semblent avoir un cadran dans leur estomac. Quand l’heure habituelle arrive, ils réclament leur nourriture.

Photo : Quand ils me voyaient sortir les filets de foin pour les chevaux qui demeurent au paddock la nuit, les fjords savaient que c’était l’heure d’entrer et ils se pointaient à la clôture. Ils vivent maintenant à plein temps dehors. Tout comme lorsqu’ils voient le personnel de soir arriver ils savent que je vais remplir leur filets de foin. Même s’il en reste beaucoup ils sont toujours prêts à en recevoir.
Ces chevaux étaient sauvages, jamais manipulés mais ils ont rapidement appris les routines. Puisqu’il n’y avait pas encore d’électricité au moment de cette photo ils étaient plus en sécurité en dedans la nuit.
Mes chevaux reconnaissent le personnel et s’aperçoivent du changement de personnel même s’ils sont peu concernés car ils vivent dehors.
Freya et Thor, les deux fjords norvégiens sauvages adoptés par la propriétaire de l’écurie ont été apprivoisés, manipulés et finalement ils vivent à plein temps au paddock avec ma jument Indy. Thor a toujours été moins sauvage et plus facile d’accès avec les gens qui pouvaient lui caresser la figure et la tête facilement alors que sa sœur Freya était beaucoup plus sauvage.
Graduellement je l’ai apprivoisée et présentée lentement à de nouvelles personnes. Maintenant quand il y a des nouveaux gens qui se présentent je les emmène visiter les fjords et Freya me dit toujours ‘’ une nouvelle personne, je ne la connais pas’’ et elle vient timidement les sentir. J’ai attendu longtemps avant de leur présenter des gens dans le paddock qui est leur ‘’chez soi’’.
Au début on demeurait à la porte du paddock et c’était à eux de venir voir les personnes. Maintenant je peux amener des personnes dans le paddock mais je peux dire qu’ils s’aperçoivent rapidement si c’est une nouvelle personne. Ils me regardent tous les deux et semblent vérifier auprès de moi si c’est OK. Récemment un nouveau membre du personnel croyait devoir les rentrer dans l’écurie pour la nuit. Il n’a pas eu de difficulté à mettre les licols mais ils sont demeurés figés sur place. Ils ne voulaient pas suivre cette nouvelle personne alors qu’avec moi et la propriétaire ils sont légers comme des plumes.
Quand une écurie change de fournisseur pour le grain ou le foin, certains chevaux vont lever le nez car ça ne sent ni ne goûte pas comme avant. Et parfois c’est le fournisseur qui change de produit. Les chevaux ont le nez ‘’fin’’. Ils sentent tout changement et vont même refuser un aliment inconnu ou quelque peu modifié par le fabricant.
Léa Lansade parle de la néophobie alimentaire. Elle dit qu’un aliment qui n’a jamais été goûté par notre cheval est souvent plus long à être apprécié. Même pour les pommes ou les carottes chez un cheval adulte qui n’en n’aurait jamais goûté. Quand ma jument Indy est arrivée de la Colombie-Britannique, élevée dans l’immense nature pendant 5 ans, les copines m’ont demandé si elles pouvaient lui donner des morceaux de pommes ou de carottes.
Quelle ne fut pas notre surprise, elle les recrachait n’ayant jamais gouté à ça. Ça n’a pas duré longtemps. Quant à nos 2 fjords sauvages, ils ont apprécié dès la première fois qu’ils ont goûté à un morceau de pomme, de carotte ou des croquettes pour chevaux. Ils ont par contre levé le nez au début quand je leur ai présenté des morceaux de pêches, nectarines et bananes mais ce ne fut pas long.
Quand on doit modifier la nourriture du cheval parfois il faut le faire très graduellement car ils sont de nature réticents aux nouveaux goûts, nouvelles odeurs, nouvelles textures. Dernièrement notre fournisseur de grain pour chevaux a changé de compagnie et plusieurs chevaux ont levé le nez sur le grain. Et ce sans parler quand on doit leur donner une médication orale; il faut parfois utiliser foule de subterfuges afin de dissimuler l’odeur car même une petite pilule peut être refusée.
Plusieurs suggèrent d’ajouter des herbes ou des saveurs que les chevaux aiment quand on se doit de changer l’alimentation.
Tout comme les chevaux qui lèvent le nez sur l’eau lorsqu’on voyage que ça soit pour des stages, des compétitions ou des vacances. C’est un fait bien connu. Les gens parfois vont aromatiser l’eau avec du jus de pomme ou autre produit avant le départ afin que le cheval s’y habitue et ainsi boive quand ailleurs l’eau sentira un peu la pomme.
Indy était habituée à l’eau naturelle dans les cours d’eau pendant 5 ans puis à l’eau de puits depuis son arrivée avec moi depuis 15 ans. Elle déteste l’eau de ville qui goûte le chlore.
Quand on cherche à enrichir le milieu de vie de nos chevaux on va parfois introduire des jouets au box, des objets au paddock et certains chevaux ont de la difficulté avec ce changement. L’article ‘’ Enrichir l’environnement de votre cheval! Offrez liberté, mouvement et bien-être à votre cheval grâce au Paddock Paradise’’ de la série SUJETS VARIÉS suggère des objets afin de stimuler notre cheval par le jeu. On sait toutefois que le cheval peut être réticent à la vue de nouveaux objets dans son paddock.
Certains chevaux sont plus curieux que d’autres et vont explorer les nouveautés.
Lors de la multitude de stages de Horsemanship, Indy a toujours montré de la confiance et de la curiosité face à des objets pourtant insolites.



Nous devons donc leur aider à se sentir en confiance à mettre les pieds sur différentes surfaces. Même le changement du sol lorsqu’on les change de paddock est interprété comme un changement pour le cheval.
Probablement une des demandes les plus difficiles pour un cheval c’est l’entrave c'est=à-dire d’attacher leurs membres avant pour les immobiliser. Ça prend un cheval très confiant
Faire des randonnées de soir est une expérience intéressante car les chevaux tout comme nous voyons moins bien et sommes plus aux aguets. Tout comme les parades de soirée avec une multitude de lumières en plus de la musique est aussi tout un défi.
J’ai eu le privilège de travailler ce concept avec Farrah Green une horsewoman exceptionnelle. Ce fut très utile lors de parades de Noël en soirée avec multitude de lumières scintillantes et multicolores en plus de la musique des fêtes.
En randonnée les chevaux préfèrent de loin les pistes étroites aux pistes larges et aux aires ouvertes car pour eux les prédateurs se cachent dans l’herbe haute des champs et non derrière les arbres.

Photos : avec mon amie Josée on peut aller dans les grands espaces avec nos chevaux. On y faisait un pique- nique. Les chevaux étaient en liberté car la propriété de 20 acres était clôturée. Les chevaux restaient toujours proches.
Les chevaux ne font pas juste vivre les uns à côté des autres. Ils partagent la vigilance ce qui leur permet de se reposer et d’interagir à tour de rôle.
Là aussi il faut y aller avec parcimonie, surtout si ce sont des chevaux qui vivent 24/24 au paddock car comme je dis aux copines, le paddock c’est leur salon, chambre à coucher, salle à manger qu’ils doivent maintenant partager. Les chevaux qui vivent au box et passent quelques heures par jour au paddock y vont comme s’ils allaient au terrain de jeu. Leur ‘’sweet spot’’ demeure quand même le box alors il est plus facile d’introduire un nouveau venu au paddock.
A chaque fois que les humains apportent des changements au troupeau les chevaux doivent s’adapter, renégocier la hiérarchie, les limites, la proximité et la confiance les uns par rapport aux autres.
Souvent dans ces moments nous humains avons tendance à minimiser ces impacts. On devrait se poser ls questions à savoir est-ce nécessaire? Ou est-ce pour notre commodité?
Le cheval a-t-il à gagner ou perdre?
Photos: Introduction d’Indy dans le troupeau de 4 chevaux. Aramis et Poney ont tout de suite adopté Indy et le tout s’est fait dans le calme. Ces deux hongres sont devenus ses amis très proches. Sheherazade semblait dire rien de plus qu’une autre fille et le vieux Chester a toujours fait comme si elle n’existait pas. Il est décédé le mois suivant son arrivée. Jamais d’animosité dans le troupeau. Ce qui a aidé Indy avait vécu avec plus de 80 chevaux et 30 vaches dans un immense territoire pendant 5 ans. Elle était socialisée et contente de trouver des amis.
Quand on a introduit les 2 fjords sauvages au paddock, ils ont passé leurs journées dans un carré à l’intérieur du paddock et pouvaient socialiser avec Indy et Aramis.
Puis on les a introduits dans le grand paddock seulement avec Indy. Aramis était maintenant dans le mini paddock. Ça s’est très bien passé.
Quand fut le temps d’introduire Aramis que les fjords connaissaient bien car ils avaient passé 4 mois dans leur mini paddock à le côtoyer et 2 mois dans le grand paddock alors qu’Aramis était dans le petit paddock. Ils mangeaient souvent du même filet de chaque côté de la clôture mais ce ne fut pas aussi facile.
Il n’y a jamais eu de comportements agressifs mais les deux juments étaient entre les deux hongres tout le temps. Pourtant Aramis était un cheval très doux. C’est là que l’on constate qu’une clôture c’est toute une barrière psychologique.

Quand j’ai amené Aramis dans le paddock. Thor le mâle n’était pas impressionné et ce fut super intéressant de voir les juments.
En premier les deux juments se mettaient toutes les deux entre lui et Aramis, le cheval foncé. Jamais de grimace, d’oreilles dans le crin, que leur présence calme.

Parfois une jument de chaque côté selon où était Thor le mâle fjord.

L’article ‘’ Savoir-faire des juments’’ de la série SUJETS VARIÉS explique en détail l’introduction d’Aramis avec les fjords et Indy et surtout le rôle des juments qui s’est fait dans un calme total.
Il est important pour nous cavaliers(ères) de réaliser que lorsque nous sommes en selle et que notre cheval ressent une crainte face à un stimulus quelconque que très souvent notre première réaction est de se crisper les jambes et de tirer sur les rênes. Certes que ce n’est pas une réaction qui aura tendance à calmer mon cheval.
J’aime bien Andy Booth qui dit que les aides sont en effet une gêne pour le cheval. Chaque cavalier(e) a ses particularités et ce n’est pas facile pour un cheval de s’adapter à ce changement. Nous devons être patient(e).
Parfois les copines font monter leur cheval par plusieurs personnes quand elles partent pour quelques semaines. Indy vit dehors en troupeau à plein temps, j’épargne ma jument de cet arrangement.
Andy se dit très prudent face au changement de cavalier même si les cavaliers viennent de son école car chaque corps assis sur un cheval est perçu différemment. Les subtilités de posture qui semblent peu importantes pour nous sont ressenties de façon importante par le cheval.
Lyne dit qu'elle donnerait un trophée à tous les chevaux d'école qui doivent accepter de nouveaux cavaliers (ières) à chaque jour.
Dr Appleton décrit en détail dans ses écrits le stress vécu par les chevaux lorsqu’ils déménagent. Ils perdent leur écurie, leur environnement, les routines habituelles, les amis et le personnel et parfois même leur personne significative quand ils sont vendus. Elle parle du syndrome du nouveau foyer et dit que pour certains chevaux ça peut prendre 1 an même 2 ans avant qu’ils se sentent en sécurité et biens dans leur peau.
Elle nous dit qu’un syndrome est un ensemble de symptômes qui se manifestent régulièrement ensemble et qui peuvent être liés à certains facteurs tels les infections, les prédispositions génétiques ainsi que différentes situations environnementales. Parfois on ne connait pas l’origine des symptômes et d’autres fois c’est clair et bien connu.
Le syndrome du nouveau foyer est souvent sous-estimé par les gens. Tout pour ce cheval change. Elle dit que cela a un impact physique et psychologique pour le cheval et que les ramifications peuvent être assez importantes et perturbatrices pour le cheval. Dr Appleton a créé ce terme afin d’apporter reconnaissance, respect et compréhension à ce qui arrive aux chevaux lorsqu’ils déménagement car à ce moment le cheval est en mode ré-évaluation et adaptation. Les cycles de sommeil et de repos, les repas, les sorties, tout change. Les perturbations sur le corps, le mental et les émotions du cheval peuvent se répercuter longtemps et ne doivent pas être négligées.
Elle nous rappelle comment c’est agréable de revenir chez soi après une journée au travail par exemple: de se mettre en linge confortable et même de dormir dans notre propre lit. Notre chez soi c’est un endroit où on se sent bien et en sécurité.
Pour le cheval qui a déménagé parfois vous avez peine à le reconnaitre tellement son comportement est affecté. Dr Appleton dit que ce cheval devient une version stressée de lui-même, en haute alerte avec une capacité drastiquement réduite de faire face aux événements qui surviennent. Le syndrome se caractérise par de l’anxiété chez le cheval avec des comportements perturbés. Et imaginez si en plus c’est un nouveau cheval pour vous. Parfois on se demande si le cheval n’a pas été drogué quand vous l’avez vu dans son milieu avant de l’acheter tellement son comportement a changé. Mais non, dit Dr Appleton, c’est le stress qui cause ces comportements quelque peu indésirables.
Elle nous dit que le cheval qui déménage a beaucoup de difficulté à s’ajuster à son milieu et par le fait même s’adapte difficilement aux changements de routine. Le changement est difficile pour eux. Les chevaux ont survécu pendant des millénaires car ils sont très à l’affut de leur environnement. Tout changement est très significatif pour eux. Dr Appleton dit que tout ce qui est nouveau est différent pour eux et qu’ils ont besoin d’une preuve de sécurité avant de pouvoir s’habituer et se sentir en sécurité. Ils luttent pour dormir et ça entraîne souvent une privation de sommeil.
Chevaux comme humains trouvent du réconfort dans la routine et c’est sécurisant. On doit tenter d’imiter le plus possible la routine et les habitudes de l’ancienne écurie.
Les chevaux contrairement aux humains ont besoin de beaucoup de temps afin de s’adapter, s’habituer et se sentir en sécurité. Quand leur monde change c’est très stressant pour eux et tant qu’ils ne se sentiront pas en sécurité ils démontreront des comportements de stress et souffriront du manque de sommeil et de repos. Possiblement plus irritables et nerveux, réactifs au moindre stimulus.
Dr Appleton dans ses écrits tente de sensibiliser les gens sur les impacts chez le cheval qui change de milieu de vie. Elle nous met en garde de ne pas étiqueter le cheval comme étant nerveux, impatient souffrant d’anxiété de séparation, d’irritabilité car ce cheval est souvent très perturbé. Il tente de son mieux à nous communiquer son désarroi.
Quand le déménagement est une nécessité, nous devons supporter notre cheval dans cette exigeante transition. Il est important de maintenir une routine stable afin que le cheval se sente à l’aise et évite le stress. Elle dit que la stabilité ce n’est pas du luxe.
J’ai beaucoup voyagé avec Indy toujours dans un contexte de plaisir tels des vacances et stages de horsemanship très peu de pression. Je tentais d’être à son écoute et lui laissait toujours le temps d’explorer. Les cliniciens rencontrés m’ont toujours encouragé à développer sa confiance.
Le seul changement qu’elle n’apprécie pas c’est lorsque l’eau contient du chlore.
Lors de sa première visite au magnifique parc Horseland elle a traversé la chute d’eau sans bride.

Puis ultérieurement, la propriétaire m’a demandé si je pouvais amener Indy pour faire des vidéos de nouveaux obstacles dont la grotte hantée. Il y avait une musique forte et des monstres volants. Indy d’un calme incroyable. Sans même y penser je ne tiens même pas les rênes car je suis aussi occupée qu’Indy à regarder la multitude de stimuli.
Nous pouvons aider notre cheval à surmonter sa néophobie par une exposition plus progressive et lente face à de nouveaux objets ou nouvelles situations. Plus on travaille à développer la confiance chez notre cheval moins il sera néophobe. Une série d’articles sur BÂTIR LA CONFIANCE sur le blog donne plusieurs stratégies à exploiter.
Tout ceci ne veut pas dire que l’on ne doit pas voyager avec son cheval. Tout dépend de ce que l’on fait. Je peux vous dire que ma jument Indy aime les voyages, elle est toujours avec un cheval ami pour les vacances et quand elle voit la remorque pour le retour elle me fait souvent ‘’non’’ de la tête et monte.
Parfois elle refuse la gâterie que je lui offre une fois dans la remorque pour me dire qu’elle n’est pas contente que la vacance ou la parade soit déjà finie. Indy est peu néophobe.
Nos vacances sont relax et on fait beaucoup de choses que Indy aime entre autres la baignade. Elle adore l’eau. Et beaucoup de "rien faire’’.
Le printemps dernier alors que mon ami Greg est venu chercher Indy pour aller chez lui Indy a quasi trotté vers la remorque. Elle voulait y aller. Ça faisait 10 mois que nous n’étions pas allées chez Greg et elle adore ces sorties. C’était un ‘’oui’’ très clair.
Certes que toutes ces données sont pour nous MATIÈRE À RÉFLEXION! Quand on pense aux chevaux de compétition par exemple, nous devons apporter une attention particulière à leurs besoins.

Denyse Rousselet
Denyse Rousselet, cavalière du Québec depuis 35 ans, a eu l’immense privilège depuis une douzaine d’années de voyager à la rencontre de nombreux horsemen/horsewomen fort reconnus pour leurs compétences en horsemanship tout en étant aussi réputés pour leurs performances exceptionnelles avec leurs chevaux. Plusieurs stages en France, Italie, Costa Rica, USA, Ontario et Colombie Britannique totalisant environ un an, lui ont inculqué des notions, concepts et stratégies pas fréquemment enseignés dans nos milieux équestres. Ce cheminement a amené Denyse à être reconnue par ses conférences et cliniques sur le développement d’un bon cheval de randonnée ainsi que des diverses stratégies afin de développer un cheval confiant, sécuritaire et bon partenaire.